Télérama

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Message  JPM le Mar 28 Oct - 13:48


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Message  johnny95 le Mar 28 Oct - 14:51

Belle photo...
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Re: Télérama

Message  Yuna le Mar 28 Oct - 14:53

En effet, belle photo.
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Re: Télérama

Message  Yazid Manou le Mar 28 Oct - 14:59

Extrait de l'article de Télérama :

Sur Bob Dylan, « génial, mais bizarre »

« En 1966, je vivais à Neuilly. Dylan passait à l’Olympia et logeait au George-V. En coulisse, il me dit que trop de gens l’emmerdent à l’hôtel et me demande s’il peut habiter chez moi. Et le voilà qui débarque avec, sous le bras, sa discographie complète. Il n’a fait que ça : écouter ses propres disques. Toutes les nuits. Quand je me levais, il allait se coucher. Le soir, il partait chanter à l’Olympia. Puis il rentrait et se mettait à réécouter ses disques. Un matin, je me suis levé, il n’était plus là, disparu sans dire merci, et je ne l’ai plus revu. »

Un journaliste me répond :

"toutes les nuits ? Dylan n'a joué qu'un soir à L'Olympia, le 24 mai, le lendemain, il chantait à Londres et trois jours avant à Newcastle. Il a du passer trois nuits à Paris… à tout casser"

Sacré Johnny, il nous refait le coup de Jimi Hendrix qui dort chez lui scratch

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Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 28 Oct - 15:15

Salut Yazid

est-ce que, pile poil comme lorsque Bayon a interviewé JH dans "Libération" à l'époque de "Jamais seul", il ne lui a posé des questions que sur la mort, la vie, sur son père, etc., en parlant finalement très très peu de la propre musique de JH (concerts, chanson),

est-ce que, donc, c'est aussi le cas dans cet entretien de journal culturel "sérieux" : les journalistes lui posent-ils en détail un max' de questions sur sa propre musique à lui (à Jean-Phi') ou bien refont-ils le monde en lui posant toutes sortes de questions qui n'ont rien à voir avec sa propre discographie et ses propres concerts ?
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Re: Télérama

Message  Yazid Manou le Mar 28 Oct - 15:20

GUIBERT FRANCOIS a écrit:est-ce que, donc, c'est aussi le cas dans cet entretien de journal culturel "sérieux" : les journalistes lui posent-ils en détail un max' de questions sur sa propre musique à lui (à Jean-Phi') ou bien refont-ils le monde en lui posant toutes sortes de questions qui n'ont rien à voir avec sa propre discographie et ses propres concerts ?

Réponse demain dans l'hebdomadaire !

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Re: Télérama

Message  Invité le Mar 28 Oct - 18:10

concernant cette anecdote sur Dylan, elle ne date pas d h'ier! Johnny la rapporté tres tot , des les années 70 et donc j y crois...apres une ou deux nuits, 50 ans plus tard, il a le droit a l erreur...

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Re: Télérama

Message  johnny95 le Mar 28 Oct - 18:12

Yazid Manou a écrit:Extrait de l'article de Télérama :

Sur Bob Dylan, « génial, mais bizarre »

« En 1966, je vivais à Neuilly. Dylan passait à l’Olympia et logeait au George-V. En coulisse, il me dit que trop de gens l’emmerdent à l’hôtel et me demande s’il peut habiter chez moi. Et le voilà qui débarque avec, sous le bras, sa discographie complète. Il n’a fait que ça : écouter ses propres disques. Toutes les nuits. Quand je me levais, il allait se coucher. Le soir, il partait chanter à l’Olympia. Puis il rentrait et se mettait à réécouter ses disques. Un matin, je me suis levé, il n’était plus là, disparu sans dire merci, et je ne l’ai plus revu. »

Un journaliste me répond :

"toutes les nuits ? Dylan n'a joué qu'un soir à L'Olympia, le 24 mai, le lendemain, il chantait à Londres et trois jours avant à Newcastle. Il a du passer trois nuits à Paris… à tout casser"

Sacré Johnny, il nous refait le coup de Jimi Hendrix qui dort chez lui scratch

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Cette anecdote a été maintes fois racontée par Johnny, cet extrait d'interview fait une peu copié-collé... Par contre je ne savais pas que Dylan n'avait fait qu'un soir à Paris ; quand Johnny raconte on dirait que ça a duré des mois ! Sacré embobineur ce Johnny...
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Message  johnny95 le Mar 28 Oct - 18:15

Ah désolé Malpaso72, nos messages sont similaires et se sont croisés... comme quoi on a les mêmes sources Wink
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Message  jojo_75 le Mar 28 Oct - 20:05

johnny95 a écrit:
Cette anecdote a été maintes fois racontée par Johnny, cet extrait d'interview fait une peu copié-collé... Par contre je ne savais pas que Dylan n'avait fait qu'un soir à Paris ; quand Johnny raconte on dirait que ça a duré des mois ! Sacré embobineur ce Johnny...

C'est Johnny tout craché.
Et Aufray n'était pas libre ce soir là?

Sinon c'est vrai que Dylan est spécial. Et il a pas mal absorbé de trucs ça aide pas.

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Message  Luc D le Mar 28 Oct - 20:10

... j’ai décidé de revenir à ce que j’aime depuis toujours : le rock. Fini les compromis. C’est le seul moyen d’être heureux...

Chiche

http://www.telerama.fr/musique/etre-johnny-hallyday-c-est-un-metier,118464.php
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Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 28 Oct - 22:03

La première phrase, il faut vraiment que les chanteurs la disent au moment où les disques en question sortent. Pas des années après, pas après plusieurs autres albums parus entre-temps. Ca donne l'impression de s'être fait escroquer, d'avoir acheté des disques que les chanteurs n'avaient pas envie de faire. Neutral


« Longtemps, surtout chez Universal, j’ai été poussé à faire des disques dont la seule finalité était le potentiel commercial. Ça m’a moralement anéanti. Je ne veux pas être catalogué chanteur de variétés. C’est tout ce que je ne suis pas. A mon âge, j’ai décidé de revenir à ce que j’aime depuis toujours : le rock. Fini les compromis. C’est le seul moyen d’être heureux. Rien de cela n’était clair dans ma tête jusqu’à mon accident, il y a cinq ans. J’ai passé trois semaines dans le coma. A mon réveil, quelque chose a basculé. Et j’ai fait le ménage dans mon entourage. J’ai toujours un doute sur tous ces gens qui gravitent autour de moi. »
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Message  jojo_75 le Mar 28 Oct - 22:04

Luc D a écrit:... j’ai décidé de revenir à ce que j’aime depuis toujours : le rock. Fini les compromis. C’est le seul moyen d’être heureux...



Cette phrase date de 2004. Il radote  lol!

(grilled by François)
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Message  GUIBERT FRANCOIS le Mar 28 Oct - 22:05

Cool phrase top, celle-ci, les "entourages" avec les gens qui veulent avoir un peu de lumière des artistes pour briller eux-mêmes :
« J’ai toujours un doute sur tous ces gens qui gravitent autour de moi. »
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Message  JPM le Mer 29 Oct - 13:22


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Message  jojo_75 le Mer 29 Oct - 13:46

Merci pour l'article
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Message  Invité le Jeu 30 Oct - 14:46

Je l' ai acheter ce matin

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Message  Invité le Ven 31 Oct - 17:21

jojo_75 a écrit:
Luc D a écrit:... j’ai décidé de revenir à ce que j’aime depuis toujours : le rock. Fini les compromis. C’est le seul moyen d’être heureux...



Cette phrase date de 2004. Il radote  lol!

(grilled by François)

1984 tu veux dire ??repasse toi les enfants du rock..y dit un truc du genre "si je dois refaire de la variete, autant baisser mon froc!"

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Message  jojo_75 le Ven 31 Oct - 21:20

Malpaso72 a écrit:
jojo_75 a écrit:
Luc D a écrit:... j’ai décidé de revenir à ce que j’aime depuis toujours : le rock. Fini les compromis. C’est le seul moyen d’être heureux...



Cette phrase date de 2004. Il radote  lol!

(grilled by François)

1984 tu veux dire ??repasse toi les enfants du rock..y dit un truc du genre "si je dois refaire de la variete, autant baisser mon froc!"

En 1984 je n'étais pas encore fan de Johnny mais j'étais un spectateur assidu des Enfants. Or je ne me souviens absolument pas de la spéciale consacrée à Johnny. Pourtant elle aurait du me marquer ne serait-ce pas la présence des Stray Cats...
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Message  Invité le Ven 31 Oct - 22:03

si tu n as jamais vu cette emission essaye vite de te trouver le dvd/cd sorti il y a qq années...cette emission est un must dans la longue videographie de Johnny Wink

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Message  JPM le Ven 31 Oct - 22:19


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Message  jojo_75 le Ven 31 Oct - 22:29

Merci, oui je connais les images. Mais la diffusion d'origine à la télé, oubliée ou ratée...
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Message  JPM le Ven 31 Oct - 22:35


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Message  Al Bakker le Mar 4 Nov - 9:51

Après David, Yarol. C'est ballot ! lol!

Nouvelle Star

Yarol Poupaud, guitariste du groupe FFF et directeur musical de Johnny Hallyday depuis 2012, intègrera le jury de l'émission musicale de D8 .
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Message  Invité le Mar 4 Nov - 18:28

Sorti du coma, le retour aux sources

« Longtemps, surtout chez Universal, j’ai été poussé à faire des disques dont la seule finalité était le potentiel commercial. Ça m’a moralement anéanti. Je ne veux pas être catalogué chanteur de variétés. C’est tout ce que je ne suis pas. A mon âge, j’ai décidé de revenir à ce que j’aime depuis toujours : le rock. Fini les compromis. C’est le seul moyen d’être heureux. Rien de cela n’était clair dans ma tête jusqu’à mon accident, il y a cinq ans. J’ai passé trois semaines dans le coma. A mon réveil, quelque chose a basculé. Et j’ai fait le ménage dans mon entourage. J’ai toujours un doute sur tous ces gens qui gravitent autour de moi. »

La vie à Londres, un drame familial

Abandonné par ses parents, le petit Jean-Philippe Smet est élevé par sa tante Hélène et ses cousines Menen et Desta.

« Vers l’âge de 4, 5 ans, je vivais à Londres dans une pension de famille, parce que Desta et Menen avaient été engagées à l’Opéra là-bas. C’est là que j’ai rencontré Lee Ketcham, un Américain aux allures de cow-boy, qui avait pris comme nom de scène Halliday [avec un i, NDLR]. Il me fascinait. Lui jouait dans la comédie musicale Oklahoma. Avec les filles, Lee a monté un numéro de danse acrobatique. Jusqu’à ce que Menen file avec un chorégraphe noir, Fleming, qu’elle aimait. Elle s’est suicidée, parce que c’était mal vu. Je n’ai jamais compris le racisme. »

Son père, « alcoolique, séducteur, incontrôlable »

« De lui, je n’ai connu que les pires aspects. L’abandon petit, puis les factures ou les frais d’hôpitaux à régler, la déchéance. On le trouvait ivre mort, écroulé au milieu de la rue. C’était dur, douloureux de n’avoir que ça de lui. Le manque de père a hanté ma vie. Jusqu’à sa mort, en 1989, à Bruxelles. Je ne souhaite à personne de finir ainsi. A son enterrement, j’étais seul. Pas une femme qui l’aurait aimé, pas un ami. Juste moi, son fils, qui ne l’avais pas connu. J’étais confronté à la solitude absolue : celle non pas de vivre seul, mais de mourir seul. »

Sur Bob Dylan, « génial, mais bizarre »

« En 1966, je vivais à Neuilly. Dylan passait à l’Olympia et logeait au George-V. En coulisse, il me dit que trop de gens l’emmerdent à l’hôtel et me demande s’il peut habiter chez moi. Et le voilà qui débarque avec, sous le bras, sa discographie complète. Il n’a fait que ça : écouter ses propres disques. Toutes les nuits. Quand je me levais, il allait se coucher. Le soir, il partait chanter à l’Olympia. Puis il rentrait et se mettait à réécouter ses disques. Un matin, je me suis levé, il n’était plus là, disparu sans dire merci, et je ne l’ai plus revu. »

Au bordel avec Jacques Brel

Dans les années 1970, l'auteur du Plat Pays pilote un petit avion avec lequel il vient débaucher Johnny, en pleine tournée.

« A 9 heures du matin, autant dire l’aube pour un couche-tard comme moi, il me réveillait pour m’emmener déjeuner puis me ramenait au spectacle, attendait la fin pour m’embarquer à nouveau, cette fois dans un bordel. Il ne touchait jamais aux filles, mais, dans tous les bordels de France, les filles connaissaient bien Jacques. Il leur offrait le champagne, buvait avec elles. Ensuite, de retour à l’hôtel, on sifflait des bières. Jusqu’à ce que, écroulé de fatigue, j’aille me coucher. Mais, dès 9 heures du mat, le téléphone sonnait de nouveau et je l’entendais hurler : “T’es levé ? Allez, on décolle !” Et c’était reparti… Au bout d’une semaine, j’étais lessivé. »

Monument national

« Etre Johnny Hallyday, c’est un métier. Je le fais sérieusement, en essayant de mon mieux de faire plaisir aux gens. Mais quand je ne travaille pas, je suis Jean-Philippe Smet. J’ai appris à dissocier les deux, même si j’ai mis longtemps. Je suis discret de nature, pudique, je n’aime pas parler de moi. Tout ce que je sais, c’est que je ne pourrais pas chanter avec autant de conviction si je n’avais pas vécu cette vie-là. »

Esprit rock, es-tu là ?

« L’argent, c’est sûr, a pas mal pourri le rock ‘n’ roll. C’est devenu un business dont je fais partie. Le rock ‘n’ roll, le vrai, celui des origines, n’est plus. Le rock ‘n’ roll authentique s’est arrêté avec Eddie Cochran, Gene Vincent et ces gars-là. Depuis, il existe une musique inspirée de lui, qui en découle. Mais aujourd'hui, on qualifie de rock ‘n’ roll un peu n’importe quoi. Pour être honnête, la musique d’aujourd’hui, ce que j’entends dans son ensemble, me gonfle un peu. Je ne parle pas de Stromae que j’ai vu en concert. C’est bien ce qu’il fait, mes filles adorent. Mais ce n’est pas ma musique.

Sinon, le « rock ‘n’ roll man » absolu reste sans conteste Mick Jagger. Et puis, il y a aussi Bruce Springsteen, même si son travail est beaucoup plus axé sur les textes, qui reste, dans l’esprit, un pur rocker. Mais je n’en vois pas beaucoup d’autres. »

Premiers modèles

« Au début, à part les évidents Elvis Presley, Gene Vincent ou Eddie Cochran, j’écoutais l’Anglais Marty Wilde. Le père de Kim, qui chantait Endless Sleep. Et puis le tout premier rocker britannique, Tommy Steele, avec Rock with The Caveman et Singing the Blues. Mais l’autre que j’appréciais énormément, c’était Lonnie Donnegan. Il ne faisait pas du rock, mais du skiffle. “Sweet sixteen goes to church, just to see the boys”… “Does your chewing gum lose its flavor on the bedpost overnight ?”… et tous ces trucs-là. Déments. On ne jouait pas trop de skiffle en France, avec la planche à laver et tout ça, mais j’adorai. En plus, Donnegan était un véritable showman. J’avais vu un show de lui, un petit film tourné au Palladium de Londres, et c’était assez rock ‘n’ roll, ce qu’il faisait sur scène. »

Ce radin de Maurice Chevalier

« Ma tante connaissait, je ne sais pas comment, Maurice Chevalier... Je l’ai rencontré adolescent alors que je jouais un peu de guitare en chantant des petites chansons comme Davy Crockett. Ma tante m’avait amené chez lui à Marnes-la-Coquette pour qu’il m’entende et me conseille. Il m’avait invité à déjeuner. Mais il était réputé pour sa radinerie. Et j’ai pu le constater. Déjà, il avait un pianiste attitré, son seul musicien, qui l’accompagnait sur scène, qui faisait aussi office de majordome, à plein temps, dans sa maison. On me sert des pâtes puis le majordome propose : “Vous prendrez du fromage après ?” Chevalier l’arrête net, furieux : “Vous n’êtes pas fou, il y avait déjà du fromage sur les pâtes ! Ça suffit amplement !” Il m’a tout de même dispensé gracieusement ce conseil : “Petit, tout ce que j’ai à te dire si tu veux faire de la scène : soigne ton entrée, soigne ta sortie et au milieu, et bien, tu te démerdes !” Je n'ai pas trop retenu la leçon, parce que je crois qu'il faut tout donner du début jusqu'à la fin. Mais je suis quand même ressorti émerveillé par sa belle maison avec un parc, alors que nous habitions à cinq dans une seule pièce à Paris. J’ai pensé : “Un jour, j’aurai une maison pareille.” Aujourd’hui, lorsque je suis en France, je vis effectivement dans une propriété à Marnes-la-Coquette, à trois maisons de celle où il habitait. J’avais environ 12 ans. Et quand même un peu de suite dans les idées. »

Rocker mais obéissant

« Ma carrière a démarré sur les chapeaux de roue, puis j'ai dû faire mon service militaire. A l’époque, c’était mal vu de ne pas faire son armée. J’avais un manager qui s’appelait Johnny Stark, qui me disait qu’il ne fallait pas faire comme Jacques Charrier qui, en ne faisant pas son service, avait sabordé sa carrière. C’est vrai, ça a été fini pour lui après. Stark me disait : “Tu débutes, tu ne va pas tout foutre en l’air.” J'ai obéi, parce que je n’étais qu’un môme. Tout le monde faisait son armée à l'époque, alors pourquoi pas moi ? Maintenant, bien sûr, je trouve ça ridicule, le service. De toute manière, j’ai toujours été contre la guerre. Et contre les religions, toutes. Les guerres viennent toujours des religions, non ? »

Place de la Nation, 1963

« Tout s’est fondu dans l’inconscient. C’était le début de Salut les Copains, j’étais devenu le chouchou de la revue, qui allait fêter son premier anniversaire avec un concert place de la Nation. Je tournais le film D’ou viens-tu Johnny ? quand on m’appelé et ramené à Paris. Mais il n’y avait pas que moi. C’était vraiment le premier festival. Nous étions nombreux à chanter deux ou trois chansons, devant cette foule immense. C’était la première fois, en France. Plus de 100 000 personnes. On était encore loin de Woodstock. Et il y avait tous ces gamins, très jeunes, qui montaient dans les arbres. Impressionnant, forcément. J’étais dedans, au milieu, et je ne réalisais pas ce que cela signifiait. A l'époque, il n’y avait pas vraiment de salles de spectacles pour cette musique. Il y avait L’Olympia à Paris mais, dès qu'on allait en province, on jouait surtout dans des salles de cinéma. C'était les débuts du rock ‘n’ roll en France, c'est tout. »

Elvis, la déception

« J'ai arrêté d'aimer Elvis à partir de ses films sur Hawaï et compagnie... Après l'armée, il est devenu autre chose, ce n'était plus le Elvis que j'appréciais. Il est tombé dans ce système américain de Vegas, la formule familiale destinée à un public qui vient voir un mythe plus qu'un artiste. La voix était toujours là, intacte, fabuleuse, mais il n'y avait plus d'enjeu, d'investissement de sa part. Il n'offrait plus qu'un divertissement rodé, sans surprise. Tout ça parce qu'il était coincé aux Etats-Unis, à cause du colonel Parker, son manager, qui lui avait interdit de quitter le pays, de voyager. Parce que Parker n'avait pas de papiers. Je crois qu'Elvis en a été très malheureux. Quel dommage. Ça aurait été génial de pouvoir le voir en Europe. Qui sait ? L'histoire aurait peut-être été complètement différente… »

Jerry Lee Lewis, sidérant

« Jerry Lee Lewis, c'était quelque chose. Je l’ai vu en concert à Nashville, dans les années 70. Il donnait deux concerts, un en matinée, un en soirée. Il m’a sidéré. Il arrivait sur scène avec un magnum de whisky. Déjà, il avait toujours son piano monté sur ressort, de sorte que lorsqu’il jouait, l'instrument bougeait, tanguait tout le temps. Et puis, il avait un magnum de whisky qu'il sirotait pendant tout la durée de son set d'une heure et quart. A la fin, le magnum était vide. Je me demandais comment il tenait. Après le premier show, je vais dans la loge avec Sam Philips, le patron de Sun Records, qui m’avait invité à le rencontrer. Là, Jerry Lee avait une autre bouteille de whisky qu’il buvait sans discontinuer. Et deux heures plus tard, il remontait sur scène avec un nouveau magnum, plein, sous le bras et recommençait. Hallucinant. »

Mon copain Jimi

« J’avais rencontré Jimi Hendrix dans une boîte à Londres, en 1966, un soir où je dînais avec Otis Redding. J'y croise Chas Chandler, des Animals, dont j’avais adapté la version de The House of the Rising Sun pour le Pénitencier. Il était là avec le poulain qu’il manageait désormais, un guitariste venu d’Amérique. Là-dessus, on l’entend jouer, dans la pièce à côté. On pousse la porte et je le vois, pile au moment où il mangeait sa guitare, quand il jouait avec ses dents ! Je trouve ça incroyable et demande à Chas d'où il sort. Et il me l’amène boire un coup avec nous après son set. Le courant passe. Je lui propose de se joindre à la tournée qui démarrait la semaine suivante. C’est ainsi qu’il a monté son groupe en catastrophe, avec Mitch Mitchell et Noel Redding. Dans le club, il jouait encore tout seul.
C’est à cause de lui que j’ai enregistré Hey Joe. Il le jouait sur scène. Quand il a enregistré le titre, à Londres, il m’a appelé pour me dire qu’il fallait absolument que j’en fasse la version française. Nos deux versions sont sortie en même temps, le même jour. Lui était N°1 en Angleterre, moi en France.
A Paris, il a logé chez moi. Et il dormait avec sa guitare, en la serrant dans ses bras. Je lui disais : “Mais tu ne préfères pas dormir avec une fille ? Tu sais, tu peux en ramener une ici si tu veux.” Il me répondait : “Non non, je suis mieux avec ma guitare.” C’était un garçon très attachant. Sa mort d'overdose m'a terriblement attristé. »

Mon pote Jim

« J'ai beaucoup vu Jim Morrison juste avant sa mort. Je le retrouvais tous les soirs au Rock ‘n’ roll Circus, la boîte de Sam Bernett. On y passait la nuit, jusqu'à la fermeture, à 7 heures du matin. Jim et moi, on se retrouvait sur le trottoir, un verre de whisky dans la main et deux Mandrax dans l'autre. Mais il parlait peu, il n’y arrivait plus. Il marmonnait dans sa barbe, grommelait comme un fauve de sa voix très grave. A un moment, il se levait et disparaissait je ne sais où jusqu’au lendemain soir… Un soir, on l'a retrouvé mort, dans les toilettes de la boîte. C'est longtemps resté un secret. Pour que la boîte n’ait pas d'ennuis, il avait été transporté chez lui. Il est mort après avoir ingurgité une dope qu’il n’aurait pas dû. Il avait avalé par erreur des cachets qui étaient destinés à sa compagne... Quel gâchis. Il était dans très un sale état. Mais ce type écrivait des textes et des chansons incroyables. Quel groupe, les Doors ! Avec les grands poètes du rock, je n'ai pas eu de chance. Entre un Dylan mutique et l’autre qui grommelle puis casse sa pipe… »

La drogue, l'alcool

« Tous les gens qui se droguent, soi-disant pour faire du rock ‘n’ roll ou à cause du rock ‘n’ roll, c’est une fausse excuse. Dans le milieu de la musique, c’était beaucoup plus facile de trouver de la dope, et du coup d’être tenté. Ne serait-ce que pour faire comme tout le monde. C’est une question d’époque aussi. Il y avait un vrai phénomène de mode autrefois. Et beaucoup sont tombé dans l’excès juste pour être dans le coup, alors qu'ils n'en avaient pas réellement besoin. Et encore moins la constitution. Keith Richards, par exemple, est quelqu’un d’intelligent. Il sait très bien ce qu’il fait, quand il faut s'arrêter. Brian Jones, à l’inverse, a été incapable de se maîtriser, de poser des limites.
Mais c'était un temps où le monde du rock était coupé de la réalité. Ceux qui se droguent aujourd'hui juste pour imiter leurs idoles d'autrefois, ce n’est pas très intéressant. Ça n’a plus de sens. Au fond, la seule substance qui ne s’est jamais démodée est l'alcool. Quand on voit tous ces gamins qui se mettent dans des états minables aujourd’hui. L’incertitude de la vie y est pour beaucoup, j’imagine. Ils ont besoin de quelque chose pour oublier leur peur matérielle de l’avenir. »

A Nashville avec... Kiss !

« Nashville, c’est incroyable comme ça a changé. Quand j'enregistrais mes albums là-bas, il y a longtemps, il n'y avait que des petites maisons. Aujourd'hui, avec ses buildings, on dirait downtown Los Angeles ! Mais à l’époque, j’aurai aimé y vivre. Eddy Mitchell me disait toujours : “Là-bas, c'est dément, tu donnes un coup pied dans une poubelle, il y a trois guitaristes qui en sortent !” Une fois, j’étais dans cet hôtel à Nashville, avec une piscine en forme de guitare. J’étais en ville pour enregistrer. Un jour, j'ai été réveillé en sursaut. Le groupe Kiss était en ville pour un concert et s'était installé dans le même hôtel. Le bordel que c'était ! Ça courait dans tous sens, de chambre en chambre, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. J’ouvre une porte au hasard, et je tombe sur ces mecs déguisés, entourés d'une horde de nanas à poil ! C’était une soirée mémorable, on va dire… Evidemment, le mobilier a fini dans la piscine. »

La Star Ac', The Voice, La Nouvelle Star, etc.

« C'est terrible ces émissions de télé-réalité où l’on dit à des gamins qu'ils sont les nouveaux James Brown, Aretha Franklin ou Kurt Cobain. C’est n’importe quoi. Personne ne remplace personne. Et surtout pas ceux-là. On est soi-même ou bien juste un sosie, un imitateur. En leur faisant croire aux étoiles, en réalité, on leur casse leur rêve. Ça dure quoi, un an au mieux ? Après, c’est fini. Depuis le temps, il y en a beaucoup qui ont gagné, mais ils sont où ? Il reste qui ? Jenifer, Nolwenn... C'est maigre. Bon, il y a aussi Julien Doré qui a écrit un titre pour moi. Lui est plus malin que les autres. Il fait beaucoup de choses, il est un peu comédien aussi. Mais personne n’apprend à personne. Il n’y a que la volonté et se frotter au public qui permet de découvrir et montrer ce que l’on a dans le ventre, de quoi on est capable, qui on est vraiment. Les conseils, ça va cinq minutes… »

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